«Je vous aime beaucoup, j’ai un grand désir de vous voir !»

Maestra Tecla, une sœur, une mère

Maestra Tecla était capable de communiquer en profondeur, d’avoir de bons rapports avec chaque personne, de respecter son originalité, de susciter la communion en se mettant au même niveau que les sœurs, en leur faisant confiance, en portant sur elles un regard positif et objectif à la fois. Elle suscitait l’enthousiasme, y compris dans les situations les plus difficiles ; elle savait se taire, reconnaître ses propres erreurs, demander pardon. Elle était surtout capable d’une grande foi.

«Sa douceur, sa paix, son calme, quelle force ! Elle possédait cette force suave qui se domine et qui domine de manière ferme et aimable en même temps. Une force à laquelle on ne peut résister.» (card. Arcadio Larraona)

La voix de Maestra Tecla nous parvient grâce à ses conférences, ses circulaires, sa correspondance. Ne pas pouvoir toujours répondre rapidement aux lettres était pour elle un motif de souffrance constante. Alors, c’est avec une grande tendresse qu’elle écrivait dans la circulaire interne : «Si vous ne recevez pas de réponse, ne dites jamais que je vous ai oubliées. Non ! Vous êtes toutes dans mon cœur : chaque jour je vous présente au Seigneur et je demande à Marie de vous couvrir de son manteau.» (VPC 112)

Les nuances de l’amour…

Aux sœurs parties depuis peu pour le Brésil, elle écrit : «Je suis avec vous par la pensée et avec le cœur, il me semble de vous voir à chaque moment.» (23 janvier 1932, à sr Stefanina Cillario). Et à sr Paola Cordero : «Hier je [vous] ai expédié une lettre, aujourd’hui j’en envoie une autre par «poste express» pour qu’elle puisse voyager sur le navire qui démarre le 17. Tu sais, des fois j’ai une grande envie de venir vous voir ! Je vous vois en esprit, je suis souvent parmi vous… Oui, oui, je vous aime beaucoup, je désire tant vous voir.» Encore à sr Paola : «L’autre jour j’ai écrit à ta mère ; elle avait de la peine, car depuis longtemps elle n’avait pas de tes nouvelles…» Un mois après elle lui recommande : «… Écrits une fois par mois à ta mère ; quand vous m’écrivez, ajoute un billet pour elle, si tu veux, et moi je le lui ferai parvenir. Elle est seule, et tu es si loin ! Ici, nous nous souvenons toujours de toi. Lorsque des lettres arrivent, ça me fait de la peine que tu n’aies pas inséré au moins un petit billet [pour ta mère] !»

Maestra Tecla traitait chaque personne avec un grand respect qui se manifestait par la retenue et la discrétion, par la correction sincère (cf. VPC 291), l’attention à la santé de chacune, la charité entre une communauté et l’autre (cf. VPC 291). Ses enseignements sur l’amour traitent des détails de la vie. C’est pour elle une certitude : «… nous ferons du bien dans la mesure où nous vivrons la charité comme dans une famille». (VPC 81)

Elle veillait particulièrement à la vie communautaire, aux relations interpersonnelles et au sentiment d’appartenance des sœurs : que toutes se sentent membres d’une même et grande famille, un seul cœur et une seule âme :

La petite maison de Nazareth, où Jésus, Marie et Joseph vivaient en parfaite union de cœur, doit être le modèle de toutes les maisons des Filles de Saint-Paul… Jésus, durant sa vie cachée, est notre modèle. Travaillons comme il travaillait, intimement unies à Dieu, faisant tout par amour pour lui, avec perfection et exactitude. L’accomplissement fidèle de nos devoirs, la bonne entente, la paix, l’humilité, l’indulgence réciproque, la sincérité des unes envers les autres feront de notre famille religieuse des lieux d’affection chaleureuse, où l’on progresse en sagesse et en grâce, où l’on goûte à l’avance les joies du paradis. Est-elle vraiment ainsi notre famille ? Si elle diffère en quelque chose du modèle de Nazareth, proposons-nous d’y remédier. (VPC 118)