«Hâtez-vous…»

«Faire du bien», c’est par cette expression que Maestra Tecla invite les Filles de Saint-Paul à être courageuses. Si une initiative fait du bien, aucun obstacle ne doit empêcher de la réaliser, car c’est cela être fidèle à l’esprit du Pacte : «De moi-même, je ne peux rien ; avec Dieu, je peux tout.»

Sr Stefanina Cillario (1912-2006), qui a passé de nombreuses années au Brésil en y exerçant une activité apostolique des plus efficaces, raconte :

Durant sa dernière visite à Curitiba, en 1959, Maestra Tecla s’était très intéressée au travail que l’on réalisait dans une petite station de radio de l’archidiocèse. Elle demeura pensive, cependant, en apprenant que plusieurs autres émetteurs désiraient diffuser des leçons de catéchisme ainsi que nos conférences enregistrées sur ruban magnétique, mais des difficultés techniques et pratiques en rendaient impossible la réalisation. En sortant du studio de la radio, la Prima Maestra, semblant continuer une conversation intérieure, déclara : «Oh, écoute : s’il n’est pas possible de transmettre les conférences et les leçons de catéchisme enregistrées sur ruban magnétique, faites des disques. Les disques peuvent être entendus partout, n’est-ce pas?»

J’en fus abasourdie. Les difficultés me semblaient insurmontables. Nous étions peu nombreuses, nous nous sentions incapables, nous n’habitions pas une métropole… Je commençai à faire des objections. D’un ton décidé, elle s’exclama : «Non, non, faites des disques. Le bien doit être fait. La Parole de Dieu doit être prêchée !» Je répondis timidement : «Nous allons essayer de nous informer et nous ferons ce que nous pourrons.» «Faites vite» reprit-elle. Puis elle ajouta : «Peu importe si au début les disques ne seront pas parfaits. L’important, c’est que le bien se fasse. Puis, un peu à la fois, vous les perfectionnerez.»

Le lendemain, en allant à l’aéroport en voiture, je lui montrai un édifice en construction et lui demandai l’autorisation d’y ouvrir une librairie. Elle donna son approbation. Mais sa pensée principale c’était [encore] l’apostolat par la radio, au point qu’elle interrompit la conversation et reprit : «Faites vite les disques catéchétiques, je vous le recommande. Je suis certaine que vous les ferez bien et qu’ils feront du bien. Et ne perdez pas de temps à consulter plusieurs personnes. Ne faites pas de bruit ! Agissez vite et faites confiance au Seigneur. Il vous bénira. Je prierai à cette intention.»

Et Sr Elena Ramondetti (1909-1999) témoigne :

Durant la première visite de la Prima Maestra aux Philippines, en 1949, nous parlions avec elle des sœurs qui sortaient pour la diffusion dans de petits villages très loin des villes. Elles ne pouvaient aller à la messe ni communier, car il n’y avait ni prêtre ni église. Je lui demandai ce qu’elles devaient faire. Elle me répondit d’une voix ferme : «Sacrifiez la messe et la communion et allez ! Personne ne visite jamais ces pauvres âmes, allez et dites-leur une bonne parole, parlez-leur du Seigneur, portez-leur l’Évangile… Allez partout et soyez en paix.»

La Prima Maestra écrivait encore à sr Elena Ramondetti, aux Philippines, le 3 octobre 1947 :

Ici il pleut, mais j’espère que chez vous le soleil brille. Si non, j’espère que le Soleil divin rayonne en vous avec sa chaleur de charité pour les âmes. Portez cette chaleur aux nombreuses âmes qui vous attendent et sont assoiffées de vérité. Portez-la à toutes ces âmes qui ne connaissent pas le Seigneur. Que la Sainte Vierge vous accompagne et vous éclaire, qu’elle vous assiste sur le chemin, vous réconforte dans la douleur, vous soutienne dans les difficultés que vous rencontrez. Ayez confiance ! Beaucoup de confiance !